La transparence de l'outil n'est pas une option
Un chiffre invérifiable est un chiffre qui demande qu'on le croie. Ici, chaque chiffre du site — celui de la France « si rien ne change », ceux de chaque candidat — demande qu'on le calcule. Voici, en accès libre, les trois briques du moteur : les données publiques sur vingt ans, le code qui les fait tourner, et la méthode qui les relie. Chacun peut reproduire nos chiffres — et auditer n'importe quel programme, le nôtre comme ceux d'en face.
Le moteur ne triche pas pour son commanditaire : il dit lesquelles des contraintes fondatrices sont tenues, et lesquelles ne le sont pas.
À ne pas confondre : la transparence de l'outil est la règle de ce site, pour tous les candidats. Elle est aussi, par ailleurs, un engagement du programme du candid-IA pour l'action publique (proposition 59) — ce sont deux choses distinctes.
▶ Ouvrir le simulateur interactif1. Les données publiques (2005-2025)
Séries en milliards d'euros courants sauf mention contraire ; sources primaires citées, ruptures de série documentées. Traçabilité complète dans le journal des sources.
| Fichier | Contenu | Sources primaires |
|---|---|---|
| 01 · macro | PIB, croissance, inflation, chômage, emploi, productivité | INSEE, AMECO, FMI |
| 02 · finances publiques | Recettes, dépenses, solde, dette, charge d'intérêts, taux OAT | INSEE (APU), AFT, Eurostat |
| 03 · recettes fiscales | IR, IS, TVA, TICPE, CSG, cotisations, impôts de production | DGFiP, INSEE, PLF |
| 04 · dépenses COFOG | Dépenses par fonction : retraites, santé, éducation, défense, culture | Eurostat COFOG, COR, DREES, DEPP |
| 05 · commerce | Balances commerciale et courante, comparaisons FR / DE / IT / UE | Douanes, Banque de France, Eurostat, OCDE |
| 06 · missions LOLF | Crédits exécutés par mission du budget général, 2006-2025 (format long) | RAP, Cour des comptes, Sénat |
| 07 · prélèvements | 47 prélèvements, rendements 2015 et 2024, assiette et affectataire | DGFiP, PLF, Cour des comptes |
| 08 · niches fiscales | 465 dépenses fiscales, coût, bénéficiaires, évaluation d'efficacité | Voies & Moyens, CPO, IPP |
| 09 · effectifs publics | Segments, part des 50 ans et plus, départs en retraite projetés | DGAFP |
| 10 · solde France-UE | Contribution, retours, part PAC, solde net annuel | Commission européenne, Cour des comptes, Sénat |
| 11 · recensement iFRAP 2027 | Par candidat ou formation et par thème : nombre de propositions recensées et montants déclarés (46 pour les treize candidats repris), reformulés, avec lien vers la rubrique — jamais le texte des propositions. Recoupement des cartes candidats, pas une entrée du moteur | Fondation iFRAP, comparateur de programmes (consulté le 06/10/2026 ; relevé à rejouer régulièrement par le script relever_ifrap.py) |
documentation
2. Le moteur (code)
Un modèle comptable enrichi : croissance de second ordre endogène (calculée depuis les mesures, pas posée à la main), sous trois écoles économiques, avec un garant des contraintes fondatrices, un module de retraites rigide (COR), un spread de marché endogène au-delà de 115 % de dette, et des effets croisés (croissance → emploi → dépenses sociales ; prévention santé).
Reproduire un scénario : python3 moteur_v2.py. La version JavaScript intégrée au simulateur en ligne est identique : parité vérifiée au millième sur les 21 couples école/scénario du programme du candid-IA et sur tous les profils publics (candidats, crash-tests) via profils_publics.json et la suite de tests.
3. La méthode, en clair
Croissance endogène. Chaque mesure produit une impulsion de court terme (multiplicateurs propres à chaque école — keynésienne, libérale, consensus) et, pour les réformes d'offre (CAPEX, école, simplification, baisse des impôts de production), un potentiel de long terme. Le « boost » n'est jamais une hypothèse libre : il découle des leviers activés.
Le prix du risque. Au-delà de 115 % de dette, un spread de marché endogène renchérit la charge d'intérêts — le moteur intègre la sanction des marchés, il ne l'ignore pas.
Le garant. Quatre contraintes fondatrices (six seuils) sont testées sans complaisance : dette sous 100 % puis 95 %, déficit sous 3 % puis 1 %, dépenses sous 50 % du PIB, charge d'intérêts en inflexion.
Les kill tests. Chaque configuration est éprouvée : « tiendrait-elle sous le choc du scénario crise : croissance en volume 0,4 %, 0,3 % puis 0,5 % en 2028-2030 ? » — plus un indice de chaleur sociale qui mesure le risque de coagulation des colères (référence 1995).
3 bis. Les hypothèses du moteur, en clair
Tout est dans le code — mais le voici en français, pour que la contestation ne demande pas de savoir lire du JavaScript.
Trois écoles économiques (multiplicateur de dépenses × / de recettes × / potentiel d'offre, affichés aussi dans le sélecteur du simulateur) : consensus FMI 0,9 / 0,6 / +0,25 pt ; keynésienne 1,3 / 0,4 / +0,15 pt ; libérale 0,5 / 0,9 / +0,35 pt. Fourchettes issues de la littérature (Blanchard & Leigh 2013 ; Ramey 2011 ; Barro & Redlick 2011).
Retour fiscal sur les baisses d'impôts de production : bouclage comptable (assiettes IS/IR élargies), décalé d'un an — 30 % par défaut, curseur réglable de 0 à 60 % dans le simulateur. Les évaluations disponibles (OFCE, CBO) se situent entre 15 et 30 % : testez 0 % si vous n'y croyez pas.
Scénario tendanciel (recalé le 2 octobre 2026 sur le projet de loi de finances pour 2027) : croissance en volume +0,5 % en 2026, +1,0 % en 2027, +1,1 %/an ensuite. Deux prix distincts, et c'est volontaire : le produit intérieur brut en valeur suit le déflateur du PIB (1,5 % en 2026, 1,7 % en 2027 : prévision du Gouvernement publiée par le Haut Conseil des finances publiques dans son avis n° 2026-5 du 25 septembre 2026), tandis que les retraites, les prestations et la dette indexée suivent l'indice des prix à la consommation (2,1 % puis 1,8 %). Les deux divergent de 0,6 point en 2026 : l'inflation importée par le choc énergétique n'élève pas le prix de la production nationale. La Cour des comptes retient explicitement le déflateur, « plus pertinent que l'indice des prix à la consommation pour l'analyse de la soutenabilité ». Taux des émissions nouvelles : 3,37 % en 2026, 3,85 % en 2027 — l'Agence France Trésor mesure le coût réel de ses émissions 2026 à 3,55 %, pour un TEC 10 à 4,90 % le 2 octobre. L'inflation reste exogène par scénario (pas de boucle de Phillips) : limite assumée de cette version comptable.
Charge d'intérêts : deux canaux. Le coupon, qui suit le refinancement progressif du stock, et l'indexation : environ un dixième de la dette est indexé sur l'inflation, soit 3,1 milliards de charge par point d'inflation. Le dossier de presse du budget 2027 chiffre cette sensibilité à 3 milliards. Sans ce second canal, le moteur manquait 6,5 milliards sur la seule année 2026 et il fallait poser un taux d'emprunt de 4,9 % pour retrouver le chiffre officiel — un taux que l'Agence France Trésor aurait démenti.
Flux de créances. La dette ne varie pas exactement du montant du déficit : s'y ajoutent des opérations financières sans contrepartie dans le solde — trésorerie, cessions d'actifs, recapitalisations, effets de valorisation. La Cour des comptes publie cette série ; le moteur retient 0,47 point de PIB en 2026 puis 0,3. La valeur de 2026 n'est pas tirée de cette série : elle est calée pour que la dette de fin 2026 retombe sur les 119,3 % du PIB annoncés par le Gouvernement, et elle s'écarte donc de celle de la Cour. Jusqu'au 2 octobre 2026 le moteur posait un écart nul.
Spread de marché : au-delà de 115 % de dette/PIB, prime linéaire par point de dette, plafonnée ; la charge d'intérêts suit le refinancement progressif du stock.
Bornes et domaine de validité : chaque levier est borné (min/max documentés), les paramètres avancés ont un domaine (élasticité 0,5-1,5, retour 0-100 %, potentiel −1..1, référence de potentiel 1-1000) et l'impulsion de court terme est plafonnée à −1 %/+1,2 % par an. Depuis la v2.2, toute valeur hors domaine, non numérique ou infinie est rejetée par les deux moteurs (JavaScript et Python) et à l'import d'un profil : aucun clamp silencieux, la valeur calculée est celle affichée et exportée.
Potentiel d'offre : contribution signée de chaque levier = direction productive déclarée (« offre » = +1 ou −1, par défaut : baisse de prélèvement ou hausse d'investissement) × montant en euros constants 2025 × coefficient (0,15 à 0,45), rapportée à une référence de 40 Mds (euros 2025) et bornée [−1 ; 1]. Un mouvement contraire retire du potentiel ; l'inflation n'en crée pas.
Chaleur sociale : indice = somme des (conflictualité du levier 0-5 × variation annuelle de son montant). Il n'entre pas dans le calcul de la dette : c'est une jauge d'alerte du garant (seuil 60, référence 1995). La grille de conflictualité est visible levier par levier dans le code.
Élasticité des recettes au PIB : 1,0 par défaut, réglable 0,9-1,1 — appliquée à la croissance des recettes de chaque année, jamais à leur niveau. Le projet de loi de finances pour 2027 retient une élasticité « encore infra unitaire en 2027 (0,8) » : le moteur la reprend pour cette seule année. À élasticité constante de 1, cette formulation et l'ancienne donnent exactement le même résultat. Pour 2026, l'élasticité retenue est de 1,15 : ce n'est pas une valeur publiée, c'est le réglage qui fait retomber le moteur sur le solde officiel de 2026.
Base de départ. Les comptes définitifs de 2025, hors crédits d'impôt : dette 3 460,5 milliards soit 115,7 % du PIB, charge d'intérêts des administrations publiques 65,7 milliards, recettes 1 541,5, dépenses 1 694,0, déficit 152,5 milliards soit 5,1 % — sources Cour des comptes (25 juin 2026) et compte provisoire de l'Insee (27 mars 2026). Le produit intérieur brut est déduit du ratio de dette publié ; les quatre autres ratios officiels se retrouvent alors seuls. Jusqu'au 2 octobre 2026, la base mélangeait un stock de dette du premier trimestre 2026 avec un PIB ajusté pour faire tenir le ratio, et corrigeait l'écart par un facteur de 75 % sur la première année. Ce bricolage a disparu : l'année 2026 est désormais pleine.
Pourquoi hors crédits d'impôt. Les crédits d'impôt valent environ 0,7 point de PIB. On peut les compter des deux côtés ou d'aucun : les deux conventions donnent le même déficit. Le site retient celle du projet de loi de finances et de la Cour des comptes, pour que chaque niveau publié ici soit vérifiable ligne à ligne dans un tableau officiel. Conséquence qu'il faut connaître : la cible de 50 % de dépenses publiques portée par l'ouvrage part désormais de 56,6 % et non de 57,3 %. Elle est donc 0,7 point plus facile à atteindre qu'avant ce changement de convention.
Ce que « neutre » veut dire. Les mêmes hypothèses publiques pour tous les programmes, y compris celui du candid-IA — pas un label d'indépendance. Les paramètres sont fixés par l'auteur à partir des séries publiées ci-dessus, à la main : les CSV documentent l'ancrage, ils ne calibrent pas automatiquement le moteur. Depuis le 6 octobre 2026, le calage des années 2026 et 2027 est reproductible (tests/calibration.py) ; un carnet reliant chacun des autres paramètres à sa série reste à écrire ; une revue extérieure pluraliste est recherchée.
Sur quoi le moteur est réglé. Les années 2026 et 2027 sont calées sur six prévisions officielles : la charge d'intérêts de 2026 et de 2027, les dépenses, le solde et la dette de 2026, et le déficit de 2027 sans mesures de redressement. Ce dernier chiffre n'est publié nulle part en niveau : le dossier de presse du budget écrit que le déficit « se dégraderait de 1 point de PIB en 2027 » (le projet de loi dit « d'environ 1 point »), ce qui donne 6,4 % à partir des 5,4 % de 2026, et le Haut Conseil des finances publiques rapporte que le Gouvernement l'estime « avoisinant 6,5 % du PIB ». Le moteur retient 6,4 %, qui est une déduction. Retenir 6,5 % relèverait la dette de 2037 de 1,0 à 1,2 point sur tous les profils. Le calage est rejouable par quiconque (open-data/moteur/tests/calibration.py). Le moteur reproduit ces six chiffres parce qu'il est réglé dessus : ce ne sont pas des validations, et aucun de ses résultats n'est aujourd'hui confronté à un chiffre officiel indépendant de ce réglage.
Journal du moteur. L'historique daté de chaque changement, avec les chiffres de chaque époque, est tenu sur une page à part. Les pages du site ne donnent, elles, que les valeurs en vigueur.
3 ter. Ce que ce moteur ne sait pas faire
Un outil qui ne publie que ses forces n'est pas un outil de transparence. Voici les six faiblesses connues de celui-ci. Les quatre premières ont été trouvées en l'auditant le 2 octobre 2026, et trois de ces quatre jouent en faveur du programme du candid-IA ; les deux dernières, ajoutées les 5 et 6 octobre, touchent tous les programmes de la même façon. Elles sont écrites ici avant qu'un contradicteur ne les trouve.
L'effet d'offre est plafonné, et le programme du candid-IA sature ce plafond
Les mesures favorables à la production sont additionnées, rapportées à une référence de 40 milliards, puis plafonnées. Le programme du candid-IA atteint 38,1, soit 95 % du plafond. Conséquence : si l'une de ses mesures était en réalité beaucoup plus productive qu'estimé, le moteur ne saurait pas le montrer. Porter le poids de la suppression des impôts de production de 0,30 à son maximum ne déplace la dette de 2037 que de 0,3 point. Le moteur est donc structurellement incapable de récompenser une mesure exceptionnellement productive — y compris quand elle est assortie de contreparties, comme ici.
Le moteur récompense la finesse de la description
Le programme du candid-IA est décrit par 30 mesures distinctes, dont 9 portent un effet sur la capacité de production. Les programmes des candidats sont décrits par 1 à 4 mesures, dont 0 à 3 en portent un : le plan d'économies de Gabriel Attal tient en un seul montant global. À contenu réel égal, un programme découpé finement accumule mécaniquement plus d'effet de production qu'un programme annoncé en bloc.
Cette asymétrie avantage l'auteur. Elle n'est pas corrigée, parce qu'elle reflète une différence réelle : lui publie un programme chiffré mesure par mesure, les autres publient des agrégats. Mais il faut le savoir avant de lire une comparaison. Mesure de l'enjeu : si l'on doublait, pour chaque école économique, le coefficient maximal de l'effet d'offre — sans toucher au poids de chaque mesure —, le programme du candid-IA gagnerait 4,2 points de dette en 2037, Édouard Philippe 1,7, Jean-Luc Mélenchon 1,6, Bruno Retailleau 0,9 — et six cartes sur quatorze ne gagneraient rien du tout. C'est pourquoi cet élargissement n'a pas été fait : il n'aurait pas été neutre.
L'âge de départ à la retraite n'a aucun effet sur la croissance
Reculer ou avancer l'âge de départ change le nombre de personnes au travail, donc la capacité de production du pays. C'est l'un des déterminants les mieux documentés de la croissance potentielle. Le moteur ne le modélise pas : il ne compte que l'économie ou le coût budgétaire. Cette lacune joue contre les programmes qui reculent l'âge — dont celui du candid-IA — et en faveur de ceux qui l'abaissent. Elle est identique pour les quatorze cartes.
L'indicateur de conflictualité mesure le rythme, pas la dureté
La « chaleur sociale » additionne la variation annuelle de chaque mesure, pondérée par sa conflictualité déclarée. Elle mesure donc la brutalité du rythme, pas la dureté de l'ensemble. Mesure de l'enjeu : ajouter 266 milliards d'effort supplémentaire au programme du candid-IA ne fait passer l'indicateur que de 97 à 106, alors que le seuil d'alerte est à 60. Ne lisez pas cette jauge comme une mesure de l'acceptabilité d'un programme.
Après 2027, le moteur suppose que le prix du PIB suit l'inflation
Cette cinquième limite a été ajoutée le 5 octobre 2026. Pour 2026 et 2027, le moteur reprend le déflateur du PIB publié par le Gouvernement. Ensuite, il suppose que ce déflateur est égal à l'indice des prix à la consommation du scénario. Or le Gouvernement retient, pour 2028 à 2030, un déflateur de 1,6 % par an pour une inflation de 1,75 % : un écart de 0,15 point, cité par le Haut Conseil des finances publiques dans son avis n° 2026-5 du 25 septembre 2026 (paragraphe 123). Mesure de l'enjeu : appliquer ce même écart de 0,15 point de 2028 à 2030 aux scénarios hors crise et hors guerre relèverait la dette de 2037 de 2,6 à 3,2 points selon les profils — 133,0 % au lieu de 130,1 % pour le scénario réaliste du programme du candid-IA, 158,5 % au lieu de 155,5 % sous les hypothèses communes. Le classement des quatorze cartes ne changerait pas. Cette limite joue en faveur de tous les programmes à la fois, celui du candid-IA compris : tous les niveaux de dette publiés ici sont probablement trop bas de cet ordre. Elle n'est pas corrigée, parce que l'écart n'est publié que pour le scénario du Gouvernement et que le transposer aux scénarios du site serait une hypothèse de plus ; elle est donc écrite.
Le calage de 2026 et 2027 compense un écart sans l'expliquer
Cette sixième limite a été ajoutée le 6 octobre 2026. Pour retomber sur les prévisions officielles de 2026 et de 2027, le moteur applique trois réglages qui ne sont lus dans aucune source : une élasticité des recettes de 1,15 en 2026, un niveau de dépenses primaires abaissé de 0,75 % en 2026 puis relevé de 1,45 % en 2027. Ce sont des résidus : ils font coller le moteur aux chiffres officiels sans dire pourquoi il s'en écartait. L'explication la plus probable est que le moteur indexe les prestations sur l'inflation de l'année en cours, alors qu'elles suivent en réalité celle de l'année précédente ; elle n'est pas démontrée. Trois conséquences. D'abord, les deux décalages de niveau des dépenses sont conservés pour toutes les années suivantes : si l'écart de 2027 était passager, la dette de 2037 est surestimée pour tous les profils. Ensuite, la cible de 2027 est une déduction (6,4 %), alors que la seule source qui donne un niveau écrit « avoisinant 6,5 % » : avec 6,5 %, la dette de 2037 serait plus haute de 1,0 à 1,2 point pour tous. Enfin, le calage mélange deux scénarios officiels : il vise le déficit de 2027 sans mesures de redressement, mais la charge d'intérêts de 2027 du scénario avec mesures. Cette limite touche les quatorze cartes de la même façon et ne change pas leur classement.
Deux incohérences de notation, publiées sans être encore corrigées
Simplification de l'État. Celle du programme du candid-IA est notée 0,35. La trajectoire d'économies de Marine Le Pen, dont la documentation mentionne la suppression d'environ 1 200 agences publiques, est notée 0. Deux mesures de même nature, deux notes différentes. La raison invoquée est que le détail de la seconde n'était pas publié — présentation annoncée pour octobre 2026 — alors que celui du candid-IA l'est. Cette règle est défendable, mais elle n'avait jamais été écrite, et l'écart profitait à l'auteur. À revoir dès que le détail annoncé est publié.
Dépenses nouvelles du programme de Jean-Luc Mélenchon. Notées 0,06 dans deux variantes, 0 dans celle contre-chiffrée par l'Institut Montaigne. Même mesure, note différente. Aucune raison : c'est une omission, et elle dessert la variante la plus défavorable au candidat. À corriger.
Comment une mesure est notée, et pourquoi certaines valent zéro
Chaque mesure reçoit un coefficient entre 0 et 0,45, multiplié par son montant et par une direction : 0,45 pour l'investissement productif direct, 0,35 pour la simplification de l'État quand elle est détaillée, 0,30 pour les impôts qui pèsent sur la production, la recherche et l'énergie pilotable, 0,20 pour le logement et la qualification des enseignants, 0,15 pour les allègements sur les bas salaires.
Valent zéro : la TVA, qui porte sur la consommation et non sur la production — qu'elle monte ou qu'elle baisse ; l'âge de la retraite, pour la raison dite plus haut ; les réductions d'effectifs, parce que le moteur ne sait pas distinguer un poste dont l'absence libère de l'activité d'un poste dont l'absence la freine ; et tout plan annoncé en bloc sans détail publié, parce qu'il n'y a rien à noter.
Deux chiffrages de l'auteur déclarés fragiles
Ces deux mises en garde étaient écrites dans le fichier de paramètres depuis l'origine, mais invisibles pour un lecteur. Les voici, et elles sont toutes les deux défavorables à l'auteur.
Service civique universel : 3,5 milliards dans le moteur, 1,5 dans le livre. L'ouvrage retient 1,5 milliard par an (plafond 3) et écrit lui-même que ce chiffrage et son plafond « ne peuvent plus être présentés comme robustes » face au retour d'expérience du service national universel. 1,5 milliard pour environ 800 000 jeunes pendant trois mois représentait 1 875 euros par jeune, soit 625 euros par mois, tout compris. Depuis le 6 octobre 2026, le moteur retient 3,5 milliards par an (plafond 5), à partir de 2030, quatrième année du quinquennat : c'est le bas de la fourchette de 3,5 à 5 milliards que la Cour des comptes estimait, le 13 septembre 2024, pour la généralisation du service national universel à une classe d'âge, hors investissements. Ce n'est pas un chiffrage du dispositif de l'auteur, c'est la transposition d'un dispositif voisin ; elle relève la dette de 2037 du programme du candid-IA d'environ 0,1 point. L'auteur attend de ce service des retombées : moins de chômage des jeunes l'année du service, des compétences comme le permis de conduire qui facilitent l'entrée sur le marché du travail. Elles ne sont pas comptées, faute de source qui les chiffre.
Service public de la petite enfance, 3 milliards. Compté en brut, donc au maximum. La mesure est présentée comme financée d'abord par une réorientation de la politique familiale, mais ce redéploiement n'est pas chiffré dans l'ouvrage. Le moteur retient donc les 3 milliards entiers : le coût réel est inférieur ou égal.
Corriger ces deux lignes ne déplacerait la dette de 2037 que de trois centièmes de point, parce qu'elles vont en sens contraire. Elles sont publiées pour une autre raison : personne ne peut créditer une prudence qu'il ne voit pas.
Les quatre cibles de 2032 de l'ouvrage ne sont plus atteintes
L'ouvrage fixe quatre points de passage pour 2032 : déficit sous 1 %, dette à 95 % du PIB, dépenses à 50 %, croissance moyenne de 2,5 % par an. Après le recalage du 2 octobre 2026 sur le projet de loi de finances pour 2027, chiffres mis à jour le 6 octobre, aucune des quatre n'est atteinte, et les écarts sont considérables.
| Cible 2032 de l'ouvrage | Cible | Scénario réaliste | Hypothèses communes |
|---|---|---|---|
| Déficit public | −1,0 % | −5,9 % | −7,5 % |
| Dette publique | 95 % | 132,2 % | 140,3 % |
| Dépenses publiques | 50 % | 56,4 % | 58,0 % |
| Croissance moyenne 2026-2032 | 2,5 % | 1,6 % | 1,2 % |
L'écart sur la dette atteint 37,2 points dans le scénario le plus favorable que l'auteur publie, et 45,3 sous les hypothèses communes appliquées aux onze autres candidats.
Ces cibles ne sont pas modifiées ici. Réécrire une promesse pour qu'elle colle au résultat serait exactement ce que ce site reproche aux programmes qu'il audite : l'écart est publié, et l'arbitrage — les tenir en changeant le programme, ou les rouvrir — appartient à l'auteur.
Les mêmes mises en garde sur les cartes des candidats
La règle s'applique aux quatorze cartes, pas à la seule carte du candid-IA. Seize mesures réparties sur sept cartes portent désormais une fragilité déclarée, consultable mesure par mesure : montant annoncé sans chiffrage publié, annonce dont le détail est promis mais non livré, écart entre le chiffrage d'un mouvement et son contre-chiffrage indépendant, mesure exposée à un contentieux européen. L'assistant « Comprendre » peut les citer mot pour mot.
3 quater. Les règles de croissance du nouveau calcul (12 octobre 2026)
Depuis le 12 octobre 2026, le simulateur propose, à côté du calcul historique, un nouveau calcul, encore en test (sélecteur « Comment fait-on le calcul ? »). Il est publié comme expérimental et non calibré : les tests vérifient que le calcul est juste et reproductible, pas que ses hypothèses sont les bonnes. Les règles ci-dessous sont celles que l'auteur a corrigées pour le programme du candid-IA ; elles sont écrites dans le registre dynamique_v2.json et dans le contrat de la refonte.
Deux façons de compter, jamais cumulées. Soit la croissance supplémentaire est déduite des mesures renseignées : chaque mesure produit un effet de demande à court terme et un effet d'offre à long terme, avec des coefficients bas, centraux et hauts. Soit l'utilisateur saisit une hypothèse globale : un supplément annuel de croissance réelle, qui remplace entièrement les effets par mesure. Les coûts, les recettes directes et les calendriers restent dans les deux cas ceux du programme.
Les hypothèses de travail retenues pour le programme du candid-IA : +0,5 point de croissance par an dès 2028 dans le scénario réaliste, +1 point dans le scénario optimiste, jusqu'en 2037 (le niveau de PIB acquis subsiste ensuite, le supplément de taux cesse). Ce sont des hypothèses de l'auteur, non calibrées, et non des valeurs attribuées aux autres candidats : l'interface les désactive quand on change de programme. Le registre les écrit ainsi : {"debut": 2028, "fin": 2037, "points_par_scenario": {"realiste": 0.5, "optimiste": 1}, "source": "Hypothèse de travail de l'auteur, non calibrée"}.
Les coefficients de demande, communs à tous (contribution au niveau de PIB = montant réalisé × coefficient / PIB de référence ; signe positif pour une dépense, négatif pour une recette, donc une économie de dépense freine la demande même si elle améliore le solde) :
| École | Dépense (bas / central / haut) | Recette (bas / central / haut) |
|---|---|---|
| Consensus | 0,5 / 0,9 / 1,3 | 0,4 / 0,6 / 0,9 |
| Keynésienne | 0,5 / 1,3 / 1,3 | 0,4 / 0,4 / 0,9 |
| Libérale | 0,5 / 0,5 / 1,3 | 0,4 / 0,9 / 0,9 |
Prime de risque sur la dette : 0,03 point de taux par point de dette au-delà du seuil, dans les trois variantes ; aucune prime sur le solde primaire. Le retour fiscal forfaitaire des impôts de production est désactivé dans ce calcul (retour_fiscal : endogene_seul) : les recettes liées à l'activité ne viennent que de la base fiscale et de son élasticité, pour ne rien compter deux fois.
La même règle pour les candidats. Ces coefficients ne sont pas réservés au programme du candid-IA : des coefficients identiques s'appliquent aux mesures de chaque candidat, selon les conséquences de ce qu'il propose — une dépense d'investissement reçoit la note d'un investissement, une baisse d'impôt sur la production celle d'une baisse d'impôt sur la production, un transfert sans création de capacité reçoit zéro (barème ci-dessus). Aucun nom de candidat ni classement politique n'intervient dans ces équations. Ce qui change d'un programme à l'autre, c'est la finesse de la description : un programme publié mesure par mesure donne au moteur plus de prise qu'un agrégat (limite dite plus haut, qui avantage l'auteur et qui est publiée pour cela). Quand un candidat n'a pas chiffré une mesure, elle n'est pas simulée : le simulateur le dit, et le résultat vaut pour ce qui est publié, pas pour le programme entier.
4. Licence & réutilisation
Les données proviennent de sources publiques citées (INSEE, DGFiP, Cour des comptes, COR, Eurostat, OCDE, FMI) et sont librement réutilisables avec mention de la source. Le code est sous licence MIT, les données assemblées sous Licence Ouverte Etalab 2.0, les textes sous CC BY-ND 4.0 (LICENSE.md) : reprenez-les, contestez-les, améliorez-les. C'est le sens même de la démarche — on ne peut plus mentir à un pays qui a la calculatrice.