ANNEXE — LA FEUILLE DE ROUTE : 100 JOURS, 1000 JOURS, ET LE MANDAT
Un programme ne vaut rien sans calendrier. Son principe reste celui qui ordonne tout le livre : créer la richesse avant de redistribuer durablement ses fruits, dépenser le capital politique tôt et publier une courbe que chacun peut vérifier.
Le principe : front-charger, et l’assumer
Notre moteur indique, selon ses hypothèses publiées, qu’empiler toutes les réformes conflictuelles produit aussi des coûts politiques et sociaux. Nous choisissons pourtant de concentrer les transformations structurantes dans les « 1000 jours », en les séquençant et en protégeant les services essentiels. Les 100 jours donnent le cap ; les 1000 jours font les réformes ; cinq ans prouvent l’inflexion ; dix ans mesurent les résultats de long terme.
Les 100 premiers jours (été-automne 2027) — le cap, la méthode, l’urgence
Par décret, circulaire et organisation :
- publier les cibles à cinq et dix ans, datées et vérifiables, ainsi que l’engagement politique des députés ;
- lancer le moratoire normatif et la méthode de simplification ;
- installer la cellule d’exécution Mayotte avec tableau de bord trimestriel ;
- apurer les stocks résiduels d’heures supplémentaires policières et réformer leur paiement/récupération pour empêcher leur reconstitution ;
- lancer l’audit transversal des processus publics à automatiser et des fonctions de terrain à renforcer.
Lois fondatrices déposées dans le premier mois :
- création de richesse : impôts de production, bas salaires, fiscalité et séquençage du mandat ;
- école : autonomie, rémunération des professeurs, réforme de Parcoursup ;
- simplification et droit lisible ;
- flexisécurité et réforme de France Travail.
Souveraineté et Europe, jours 30–100 :
- confirmer la cible de quatorze EPR2 et lancer les décisions industrielles, foncières et financières nécessaires aux huit réacteurs supplémentaires, sans prétendre ouvrir quatorze chantiers en trois mois ;
- déposer les lois sécurité-justice et le Code de la laïcité ;
- proposer le traité du noyau européen ;
- sanctuariser l’actualisation LPM 2026 et engager l’Europe sur achats, industrie, JEDI/AGILE et défense commune.
Les 1000 jours (2027 → début 2030) — les réformes de structure
- Créer la richesse : impôts de production, TVA sociale, bas salaires, plafonnement des prélèvements et niches réformées.
- État catalyseur : 300 000 à 400 000 non-remplacements sur le quinquennat, uniquement après équipement, formation, refonte des processus et gains de productivité mesurés ; strates et agences simplifiées.
- IA publique : déploiement massif là où elle améliore réellement productivité et qualité, avec souveraineté proportionnée au risque et protection des fonctions de première ligne.
- Sécurité, justice, carcéral, drogues : application des propositions 108–112, 113–114, 115–121 et 142.
- République, laïcité, immigration : propositions 100–105, 106, 124–128.
- Énergie : six EPR2 suivant la trajectoire industrielle ; huit supplémentaires décidés et préparés pour assurer la série ; hydrogène bas-carbone réservé aux usages difficiles à électrifier ; réseaux, géothermie, renouvelables utiles et sortie du fossile.
- Numérique : cloud souverain ou maîtrisé pour les usages critiques ; meilleur fournisseur conforme et réversible pour le reste.
- Défense, Europe, Russie : LPM en euros constants, noyau européen, stocks, cadence industrielle, JEDI/AGILE, cyber et espace.
- Famille, logement, santé, agriculture, outre-mer, fragiles : programmes lancés avec jalons publics.
- Fonds souverain : amorçage du nouvel étage collectif de capitalisation.
La réforme des retraites — dans les 1000 jours, mais à sa place
La réforme des retraites vient après la base de création de richesse et après préparation de son architecture. Il ne s’agit pas d’un simple volontariat individuel : le programme prévoit un étage collectif minimal de capitalisation, articulé aux dispositifs existants, avec gouvernance indépendante et garantie définie. Les générations et transitions seront calibrées publiquement.
Cinq ans (2032) — le premier rendez-vous vérifiable
À cinq ans, nous ne promettons pas la récolte complète : nous devons prouver l’inflexion. Dette stabilisée puis orientée à la baisse, déficit structurel en reflux, croissance et emploi améliorés, gains de productivité publics mesurés. Si ces cibles ne sont pas atteintes, les députés concernés répondent de leur engagement de non-réinvestiture.
Le service civique universel aura été lancé à partir de 2030 si son chiffrage complet et la trajectoire budgétaire le permettent.
Dix ans (2037) — la récolte
Dans le scénario central du moteur, la convergence pleine se situe autour de 2036–2037. Le fonds souverain peut atteindre autour de 285 Md€ dans ce scénario, selon rendement, versements et trajectoire macroéconomique. Les réformes de long terme — capital humain, énergie, retraite, industrie, démographie — produisent alors une part plus importante de leurs effets.
La logique d’ensemble
100 jours pour décider, 1000 jours pour réformer, cinq ans pour prouver l’inflexion, dix ans pour mesurer les résultats de long terme.
Front-charger le difficile, différer ce qui dépend de richesses non encore créées, publier la courbe et rendre les élus responsables de ce qu’ils ont promis.
La promesse la plus forte est celle dont tout le monde peut mesurer l’échec.